Il y a (déjà) un mois, je m’envolais pour Bali où je passe quelques mois à travailler à distance en tant que digital nomad. Si vous avez lu mon article précédent, vous savez que j’ai décidé de faire ce voyage non seulement parce que j’en rêvais depuis longtemps, mais surtout pour m’inspirer et m’imprégner d’autres cultures, d’autres points de vue, d’une dynamique nouvelle.

Pour ce faire, j’ai décidé d’installer notre succursale indonésienne provisoire à Hubud, un espace de coworking réputé dans le monde des digital nomads. Pour moins de 300 francs par mois, je bénéficie d’un accès illimité à l’espace et à toute son infrastructure (Internet relativement rapide et stable, café, imprimante…) et ses évènements (talks, conférences, think thank, échanges, formations, team-building…).

Jusqu’ici, le bilan est très positif ! Même s’il n’est pas évident de changer complètement de lieu et de culture, j’ai la chance de m’adapter facilement aux nouveaux environnements et soyons francs, Bali n’est pas le plus hostile pour s’installer quelques temps 😉

Voici donc mes premières impressions après un mois en tant que digital nomad à Ubud :

Les gros avantages d’être digital nomad…

hubud bali kudos coworkingLa dynamique

Le lieu étant rempli d’entrepreneurs et startupeurs dynamiques, l’envie de passer à l’action vous prend dès que vous passez la porte d’Hubud.
Au quotidien, je fréquente d’autres entrepreneurs ou employés de startups qui ont le même état d’esprit que moi et qui ont aussi leurs propres problèmes, questions ou besoins de conseils : il arrive donc souvent que l’un d’entre eux sollicite de l’aide, que la discussion devienne très intéressante et que j’apprenne une foule de choses utiles et passionnantes.

Le réseau

Le réseau que je me créé ici me permet d’établir des liens avec des entrepreneurs du monde entier, de compétences et expériences différentes et je sais que lorsque je voyagerai à nouveau ou que j’aurai besoin de conseils ou services spécifiques, je pourrai le solliciter. À l’inverse, promouvoir les services et l’expertise de Kudos auprès d’un public plus large nous offre également des opportunités à plus grande échelle.

Les compétences variées et centralisées

Si le besoin d’une compétence particulière que nous n’avons pas en interne se fait sentir, ou que je dois externaliser une tâche pour des raisons d’organisation, il me suffit de m’adresser à un co-worker (en général via le groupe Facebook privé réservé aux Hubudians). Graphistes, développeurs, spécialistes en marketing, coaches, rédacteurs, vidéastes… Hubud regorge de talents dans plein de domaines.

kudos coworking hubud bali

L’expérience

Côtoyer chaque jour des entrepreneurs et apprendre de leurs expériences est incroyablement stimulant. Le fait que personne n’ait peur de parler de ses succès, mais également de ses échecs, rend chaque discussion passionnante et pleine d’enseignements.
Pour l’anecdote, l’autre jour, j’ai bu un café avec un développeur américain. C’est en discutant qu’il m’a appris qu’il était employé d’Automattic, l’entreprise qui a créé et qui développe WordPress, le logiciel que nous utilisons pour créer les sites web de nos clients (tout comme environ un tiers des sites web dans le monde) et qu’il connait bien ses fondateurs.
Et pas plus tard qu’hier, un entrepreneur et digital nomad Australien ne parvenait pas à démarrer le drone qu’il venait d’acheter d’occasion. Grâce à l’expérience que j’acquis chez Kudos avec nos drones, j’ai pu le lui réparer, lui donner une rapide formation sur le pilotage et il s’éclate maintenant au-dessus des rizières.

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Le décalage horaire qui m’offre une souplesse d’horaires et une productivité boostée

La question que me posaient le plus souvent les gens avant mon départ était de savoir comment j’allais m’organiser avec le décalage horaire. Et bien après un mois, je suis heureux de constater que mes prévisions se sont avérées exactes, voire même pessimistes : grâce au décalage horaire (6 heures d’avance actuellement, 7 quand l’Europe passera à l’heure d’hiver), je bénéficie chaque jour d’une matinée complète d’autonomie totale, sans interruption de collègue, client, téléphone ou voisin ;-). Comme je suis un lève-tôt, je travaille souvent 6 ou 7 heures complètes avant que les premiers Suisses n’arrivent au bureau, pendant lesquelles j’effectue plus qu’en une journée au bureau en Suisse. Cela me permet donc de bénéficier d’horaires souples pour l’après-midi et de fixer les calls Skype facilement (et aussi de pouvoir aller au fitness aux heures creuses avant de revenir travailler :D).
Bien-sûr, le fait que Jerome ait pris la gestion de plusieurs projets me facilite la tâche. La réussite de ce genre de projet, lorsque l’on travaille en équipe, repose sur chacun de ses membres. Mais jusqu’ici, l’avancement des projets nécessitant une communication directe avec les clients n’a pas du tout été pénalisé par ma délocalisation.

Les dangers du digital nomad

Beaucoup de gens m’imaginent en permanence en train de siroter un cocktail sur la plage, d’escalader les volcans indonésiens ou de profiter des charmes de Bali. Or, ce n’est pas tout à fait le cas et je tiens à préciser qu’une telle aventure n’est pas si simple que ce que certains imaginent.
Quitter son environnement familier, ses collègues, ses amis, sa famille et ses habitudes, se créer un nouveau quotidien, travailler à distance et faire sa place à l’autre bout du monde demandent pas mal d’investissement et avouons-le, amènent parfois un peu de solitude et de nostalgie.

L’intégration

Lorsqu’on débarque dans un nouvel espace de coworking, il n’est pas forcément évident de s’intégrer : beaucoup de gens se connaissent ou travaillent déjà ensemble (certains sont déjà là depuis des mois, voire plus) et même si je suis à l’aise en anglais, les différents accents sont parfois un peu challenging ;-)
Le plus efficace pour s’intégrer, hormis de faire l’effort de ne pas toujours travailler avec les écouteurs vissés sur les oreilles, est de participer aux évènements (talks, conférences…) mais surtout aux moments sociaux : afterworks, tournois de beer-pong (c’était la première fois que j’y jouais) et autres évènements de networking restent le plus efficace pour rencontrer les gens dans un cadre décontracté.

Recréer une routine pire qu’à la maison

Ayant les routines en horreur (lisez: vivre chaque jour la même chose de manière répétitive sans faire d’efforts pour changer), l’une des raisons de mon voyage était d’ouvrir mon esprit et me donner de nouvelles idées pour faire de chaque jour une nouvelle aventure. Lorsque l’on s’établit dans un nouvel endroit, (re)tomber dans une routine nocive est à mon avis plus facile car avec l’isolement, on a moins tendance à sortir (voir des amis, participer à des évènements…). Il appartient donc au digital nomad de faire un effort, de sortir de sa zone de confort (encore elle !) pour ne pas tomber dans le metro/boulot/dodo.
Ce point est également – et spécialement – valable pour les couples, pour qui il est encore plus facile de rester ensemble en permanence et de s’isoler.

Ce que je rapporterai dans mes bagages

Autant dire que cette expérience m’apporte énormément de choses bénéfiques et que je compte bien, à mon retour en Suisse en mars 2017, en garder certains principes que j’apprécie tout particulièrement :

Continuer à travailler dans des lieux différents pour garder mon esprit créatif en éveil et s’inspirer différemment selon les endroits
Continuer à fréquenter d’autres entrepreneurs et des milieux dynamiques et créatifs (un projet est d’ailleurs en gestation dans ce sens – plus d’infos bientôt !)
Une journée de travail n’est pas forcément en horaires fixes et imposés : si le contact avec les clients doit se faire de manière régulière, certaines tâches ne requièrent pas forcément d’être assis derrière le même bureau huit heures par jour et cinq jours sur cinq…

À tout bientôt pour un nouveau feedback sur mon aventure en tant que digital nomad !